Gardienne de but: le poste qui fait débat dans le foot féminin.

Gardienne de but: le poste qui fait débat dans le foot féminin.

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Qui connait aujourd’hui les gardiennes de Division 1 féminine, alors que le grand public peut aisément citer des joueuses de champ de Lyon, du PSG, de Bordeaux ou de Montpellier ? Surtout depuis la Coupe du Monde en France en 2019.

Désignée à quatre reprises meilleure gardienne du monde par la FIFA entre 2016 et 2020, forte de 11 titres de championne de France avec l’Olympique Lyonnais, de 8 Coupes de France et surtout de 7 Coupes d’Europe, Sarah Bouhaddi est la plus célèbre de nos gardiennes de but en France.

Sarah Bouhaddi lors du match contre le Nigéria, lundi. Photo: Pascal Bonnière – La Voix du Nord

Même si la lyonnaise a mis, à 34 ans, sa carrière internationale entre parenthèses au profit de l’excellente Pauline Peyraud-Magnin (Atlético de Madrid), Sarah Bouhaddi reste la référence à ce poste dans le football féminin avec près de 300 matches en club et 149 sélections en Equipe de France. Elle est la plus forte sur sa ligne, dans les séances de tirs au but ou dans les sorties aériennes. Elle n’a peur de personne dans les sorties au sol et impressionne les attaquantes. Un rempart de 1,75m qui rappelle la fantastique autant que facétieuse américaine Hope Solo, reine des gardiennes mondiales avant Sarah Bouhaddi. Double championne olympique en 2008 et 2012 et championne du monde avec les Etats-Unis en 2015, Hope Solo , 1,75m aussi, reconnaissable à sa longue queue de cheval brune, ses yeux en amande et son physique de mannequin, dégageait une incroyable autorité dans sa surface de réparation et sur ses coéquipières. Mais en dehors de ces deux stars mondiales, les gardiennes de but ont du mal à forcer l’admiration. Solène Durand( Guingamp), Mylène Chavas (Dijon), Manon Heil (Fleury), Cindy Perrault (Montpellier), Camille Pecharman ( Paris FC), Romane Munich ( Soyaux) et nos Chouettes Solène Froger et Pauline Moitrel ont beau jouer dans l’élite, trop peu de supporters connaissent leurs visages. Il fait dire que la médiatisation du foot féminin n’a pas la même ampleur que chez les garçons…

Alors que chez les hommes, les gardiens sont souvent mis en avant pour leurs performances en Ligue 1, Ligue 2 ou dans les championnats étrangers, nos filles, à ce poste, sont moins en vue voire parfois moquées pour des bourdes spectaculaires. Les attaquantes prennent souvent le dessus de la tête ou dans les duels, les sorties aériennes sont hasardeuses, les parades mains opposées moins fréquentes. Le rôle des gardiennes semble moins déterminant dans le foot féminin où les scores fleuves se multiplient fréquemment et les clubs sont toujours à la recherche de la perle rare .

 

Même si la formation des gardiennes a considérablement progressé dans les clubs avec des préparateurs dédiés depuis 2001 seulement, ce poste alimente trop de polémiques.

 

Il faut dire que le rôle d’une gardienne est très particulier : pas d’erreur tolérée sinon c’est but. On leur demande des exploits permanents avec un sens du combat sans doute moins naturel que chez les garçons. Cette autorité difficile à acquérir rend moins aisée l’émergence de grandes gardiennes en France.

 

Le réflexe est aussi d’aller chercher à l’étranger des filles plus grandes ou plus aguerries comme Anna Moorhouse à Bordeaux, Lola Gallardo à Lyon, Christiane Endler au PSG ou Phallon Tullis-Joyce à Reims.

Mais il est plus rare qu’une gardienne française de Division 1 recueille la meilleure note à chaque match…

Quelle que soit l’issue du championnat cette saison, on retiendra le pénalty arrêté par Solène Froger à Soyaux ou les parades de Pauline Moitrel à Lyon malgrè la lourde défaite des Chouettes. Le travail quotidien de Jordy Longui, leur préparateur, est pourtant très appliqué. “Les filles progressent vite dans les plongeons au sol, le jeu au pied ou la préparation mentale “ affirme l’ancien gardien des U23 du Congo.

De gauche à droite, Solène FROGER, Jordy LONGUI, Pauline MOITREL et Djanae LONGO

De gauche à droite, Solène FROGER, Jordy LONGUI, Pauline MOITREL et Djanae LONGO

 

 

Et on doit se montrer patient avec le foot féminin qui est encore jeune par rapport au foot masculin.

 

 

Alain Vernon

 


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